Florent Vollant

Sur la Côte-Nord, un peu à l’est de Sept-Îles et pas bien loin de la rivière Moisie, on retrouve une réserve nommée Maliotenam. C’est là que s’installe et grandit Florent Vollant après avoir quitté le Labrador, où il est né. C’est également là bas que le jeune Montagnais en vient à partager son attachement pour les valeurs traditionnelles et son désir de côtoyer la modernité…

En 1984, Florent amorce sa carrière d’auteur compositeur interprète et s’active, dès l’année suivante, à la création du Festival Innu Nikamu. Depuis, l’événement musical réunit annuellement quantité d’artistes de plusieurs nations. De quoi faire la fierté de celui qui reçoit, en 1994, le titre d’Artiste pour la paix, sa musique témoignant toujours d’un profond engagement pour la vie, l’amour de la terre et l’espoir. Si bien qu’on ne se surprend pas de le retrouver plus tard en tant que porte-parole du Jardin des Premières-Nations (Jardin botanique de Montréal) et lors du magistral spectacle de clôture des 13e FrancoFolies de Montréal, intitulé La Grande Paix.

Entre 1989 et 1995, au sein du groupe Kashtin, Florent enregistre Kashtin, Innu et Akua Tuta, trois albums qui lui permettent de mettre la main sur quatre Félix et de monter sur scène non seulement au Québec et à travers le Canada, mais également en France, en Belgique, en Corée du Sud, aux États-Unis, en Bolivie… Une reconnaissance internationale qui veut dire beaucoup!

Au fil des années, Florent collabore également à de nombreux projets musicaux. Parmi ceux ci, mentionnons l’album Instinct de Richard Séguin, la bande sonore du film Le Silence des fusils d’Arthur Lamothe et l’album The Native Americans de Robbie Robertson. Il donne aussi un bon coup de main à Marc Déry dans la réalisation de son premier album solo, en plus de cosigner avec lui la chanson Ninanu. Zachary Richard se voit quant à lui offrir la très belle pièce Pagayez, l’un des plus grands succès de son album Cœur fidèle. Enfin, rappelons que Florent est l’homme derrière la bande sonore de la série animée Le monde perdu, diffusée sur les ondes de VRAK TV.

Toujours très présent du côté de Maliotenam, Florent prend aussi le temps d’y mettre sur pied un projet qui lui tient à cœur : un studio d’enregistrement qui se veut une maison de formation et de création pour les jeunes musiciens autochtones. Parallèlement, il profite du moment pour se ressourcer et créer Nipaiamianan, un disque de Noël interprété en innu et rempli de sérénité. Le répertoire de cet album permet d’ailleurs à l’artiste de décrocher son premier prix Juno au Canada’s Music Awards.

Toujours porté par sa liberté de nomade et de créateur, Florent nous tend cette fois Katak, un nouvel album qu’il a concocté avec de nombreux amis et collaborateurs, dont Zachary Richard, Marc Déry, Rick Haworth, Luce Dufault, Richard Séguin, Willie Mitchell, Claude McKenzie, Ray Bonneville, Sylvain Michel, Lucien Gabriel Jourdain, Éric Lapointe, Claude Péloquin, Mario Légaré, Denis Courchesne, Richard Perrotte et Jeff Smallwood. Lentement et sagement mûri, cet opus aux couleurs chaudes cumule les éloges et nous rappelle que l’on a ici affaire à un auteur compositeur interprète au talent d’envergure...